Réseaux sociaux, narcissisme ou cyborguisation ?

Le cours de Sergey Brin sur le Selfie

1 – Pré-requis:
Ceci est un billet « point de vue », c’est à dire mon sentiment personnel sur un sujet délicat, car nous le vivons subissons tous et le recul est difficile à prendre pour l’expliquer simplement.

Est-on narcissique ou devient-on des robots, des cyborgs, des transhumains ?

Un réseau social est un ensemble d’identités sociales reliées entre elles par des interactions (textes, photos, vidéos et messages).
On a tendance à l’oublier mais le téléphone, le sms… sont des réseaux sociaux aussi.

On peut interpréter la cyborguisation de différentes manières.
Les innovations techniques / websocial & societal qui servent à transformer l’homme, par une transformation interne, les greffes / puces / capteurs et externe, la gestion sociale de son identité virtuelle, l’utilisation des réseaux sociaux, l’usage d’un smartphone…
On ne devient pas forcément cyborg en s’implantant une puce, la virtualisation de nos rapports sociaux y participent aussi.

Avoir besoin d’amour et de reconnaissance sur la toile changent le paradigme traditionnel des relations sociales.

2 – Comment les réseaux sociaux ont concrétisé l’existence de l’identité virtuelle

Les réseaux sociaux ont permis de finaliser le concept d’identité virtuelle.
Internet n’est pas qu’une plateforme de connaissance, c’est une plateforme d’interaction sociale.
Logiquement la gestion de son identité numérique a donné naissance à l’e-reputation.
De même que dans la vie réelle, il faut maintenant faire attention à sa réputation en ligne (E-reputation). Il faut donc produire du contenu pour nourrir ou maintenir son identité.

L’usage crée le besoin : narcissisme ou gestion active de son e-reputation, tout le monde est touché par cette nouvelle donne.

Le phénomène selfie (je me prends en photo sous toutes les coutures) est devenu un usage utilisé par tout le monde. Il ne révèle pas plus le narcissisme c’est juste une méthode pour animer sa communauté. Les ados ont réussi à imposer un phénomène à tout le monde (Rihanna, Bill Gates…).
J’avoue même être tombé dans le panneau.

Selfie Clinton

3 – On peut tout de même différencier 2 types de population, ceux qui sont nés avec les médias sociaux et ceux qui sont nés sans téléphone portable et sans Internet.

Ceux qui ont grandi avec les réseaux sociaux (les ados et les stars qui ont baigné directement dans la communication temps réel Rihanna, Mariah Carrey…)

Et les autres qui ont été éduqués sans Internet, ils connaissent 10 numéros de téléphone fixe et ont eu la chance d’échanger des lettres manuscrites.
Imaginer en 1990 il n’y avait pas de téléphone portable, je vous rappelle que l’usage des réseaux sociaux n’est pas naturel pour les adultes. Les geeks avaient un Tam Tam, c’est quand même différent de twitter et facebook.

Les réseaux sociaux perturbent cette génération (30ans -> 45ans). Même si ils ont un usage massif, ils se posent des milliers de questions et tâtonnent pour trouver leurs identités virtuelles.
On le voit dans leurs manières de se présenter, « dois-je poster des photos personnelles », « dois-je dire ce que je pense vraiment. »
Ils recherchent un miroir, une reconnaissance, une validation de leur propos par leurs familles et leurs amis proches.
Comme tout le monde ils attendent le like et en général ils utilisent plutôt Facebook et se découvrent « Mateurs » je vais fouiller dans la vie de mes collègues, amis…
L’usage est multiple et l’apprentissage sera complexe car leurs premières expériences associent des valeurs complètement différentes.

Au contraire des ados maitrisent parfaitement la double voire la triple gestion d’identité, ils utilisent des avatars et se servent des plateformes comme des outils.

La réussite de Snapchat en est la preuve (ils publient des posts, photos qui s’auto-détruisent)
Ils sont beaucoup plus réceptifs au concept de maîtrise de leurs données personnelles.
Ils se servent de twitter de manière guerrière (cf mon article les ados sur twitter )
Ils se baladent en bande et utilisent la synergie du groupe pour faire des attaques ludiques où augmenter la notoriété des nouveaux venus.
Ils trouvent Facebook « has been » et utilisent instagram pour partager des photos privées.

Pour les stars c’est un peu la même chose, celles qui ont grandi avec le temps réel et les autres.

LadyGaga, Rihanna, Justin Bieber, Katy Perry. Elles jouent, jubilent et performent sur les réseaux sociaux. C’est leur premier outil de communication, il peuvent toucher entre 30 et 40 millions de personnes en un tweet.

Les stars, les hommes politiques, les top managers qui n’ont pas grandi dans cet univers se servent des réseaux sociaux comme un moyen de communication traditionnel, ce n’est pas eux qui l’animent, c’est l’agence, le directeur de cabinet, le communicant qui prennent la parole pour eux.

4 – L’impression de narcissisme est certainement due à la jeunesse de l’usage

On se cherche et pour se trouver on parle beaucoup plus de soi.

On peut dire que les adultes essuient les plâtres de ce changement sociétal.
Les ados s’en amusent, les stars font du business et les autres essaient de suivre tant bien que mal.

Avec un milliard de personnes sur Facebook et 500 millions sur twitter ce n’est plus un phénomène mais un bouleversement.
La social TV, Facebook et twitter ont signé des partenariats commerciaux qui leurs donneront accès à des outils d’analyse des commentaires publics.
« On pourra ainsi, par exemple, savoir si telle émission de téléréalité est plus commentée par les hommes ou les femmes, et la ville d’où ils viennent »
L’influence des réseaux sociaux sera diffusée sur le petit écran, et les rares personnes hors du spectre seront converties.

Une société pas forcément narcissique mais une société connectée, qui peu à peu transforme l’homme des champs en homme de Data.
Les réseaux sociaux ont changé l’homme en média, les google glass et les objets connectés le changeront en cyborg.

Nous travaillons avec 50A et MyDataLabs pour fournir à notre génération (clients, amis) les bases essentielles pour avancer, communiquer et préserver leur « capital social ».